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André Bernard, Pierre Sommermeyer
Désir de… révolution sociale
Article mis en ligne le 7 juillet 2009
dernière modification le 29 mai 2016

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Le système « démocratique "

Mai 2007, en France, les élections, présidentielle puis législatives, se suivent. 84 % des inscrits sur les listes électorales participent à la présidentielle. Les suffrages exprimés et votes blancs représentent plus de 37 millions de personnes. La population totale de la France est de 61 538 000 de personnes en 2007, selon l’Institut national d’études démographiques (Ined).

Aux élections législatives, les résultats, conséquence d’un sursaut des socialistes, montrent que les 40 % d’abstentionnistes ne furent pas les mêmes lors des deux tours.

Que l’on prenne ces chiffres d’une façon ou d’une autre, ils expriment l’adhésion des Français à une forme de société fondée sur un système de représentation appelé « démocratique » ; ils n’en imaginent pas d’autre ; c’est, en creux, un choix pour partie résigné de société, devant l’absence d’une autre possibilité de changer leur vie. Ce mouvement profond s’était déjà manifesté lors de l’affrontement Chirac-Le Pen (21 avril 2002), puis lors du référendum sur la Constitution européenne (29 mai 2005).

Le mandat « impératif »

Il n’est pas trop de dire que l’importante participation à ces élections a eu des répercussions dans les milieux libertaires où la critique fondamentale de ce mode de représentation « démocratique » est une donnée de base. Car les anarchistes ne sont pas des partisans de cette démocratie-là ; ils sont opposés à une représentation qui donne des chèques en blanc aux mandatés ; leur choix, c’est le mandat impératif que la base peut contrôler et éventuellement dénoncer à tout moment. Il a existé de tout temps une autre critique de la démocratie, celle de l’extrême droite, autoritaire et souvent fasciste, fondée sur l’affirmation de l’inégalité naturelle des hommes, qu’il s’agit bien de maintenir.

Opposée à cette perspective fermée, la critique libertaire de la démocratie, elle, pour qui chaque être humain en vaut un autre, apparaît aujourd’hui comme plus que minoritaire à gauche, quasiment à contre-courant, même à la gauche de la gauche. Les décisions se prennent donc moins dans la rue ou en assemblée générale que dans l’isoloir à l’aide du bulletin de vote. Les Français, en choisissant en grand nombre cette démocratie représentative, ont tourné délibérément, nous semble-t-il, le dos à l’idée d’un bouleversement plus radical de la société : l’idée de révolution paraît abandonnée.

La situation sociale actuelle nous entraîne donc, qu’on le veuille ou non, à reconsidérer un certain nombre de nos certitudes, de nos convictions, de nos espoirs et à réfléchir de nouveau sur l’idée d’une révolution future : sur sa mise au rancart, ou… sur une autre idée de la révolution.

L’idée de révolution est-elle périmée ?

Dès 1830, et de 1870 jusqu’à il y a peu, nous avons vécu, nous et nos prédécesseurs, avec l’espoir qu’une révolution, la Révolution sociale s’entend, était toujours possible, était proche même.

Pourtant, dès 1874, Bakounine écrivait que « l’heure des révolutions est passée ». Aujourd’hui, nous savons qu’il se trompait : déchiffrer l’avenir est un art difficile. Si les révolutions passées ont donné des signes avant-coureurs, plus ou moins déchiffrables, de leurs venues, toujours elles ont été imprévisibles, prenant par surprise les plus avertis.

Et notre vision actuelle d’un avenir bloqué n’est pas assurée d’être juste ; mais nous n’avons pas à désespérer d’une embellie…

Bakounine, meurtri par l’échec de la Commune, ajoutait que nous étions entrés dans « l’ère de l’évolution ».

Il ne pouvait espérer qu’une trentaine d’années plus tard, en Russie, les grondements de 1905 annonceraient la révolution de février 1917. Puis que, de 1917 à 1921, c’est l’Ukraine qui bougerait, et l’Allemagne et aussi le Mexique, et qu’en 1921 les ouvriers italiens occuperaient les usines… En Chine, la commune de Canton sera écrasée à la fin de l’année 1927.

En 1936, en France aussi les ouvriers occupèrent les usines, mais ce fut l’Espagne qui développa la révolution sociale la plus accomplie. Pourtant, les divers fascismes, avec la complicité passive des démocraties, anéantirent tous les espoirs ; il fallut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que les pays sous l’emprise « communiste » tentent alors de s’extraire du fascisme rouge : l’Allemagne de l’Est dès 1953, la Hongrie, puis la Pologne en 1956 et la Tchécoslovaquie en 1968 : il ne s’agissait alors que de se déprendre du communisme étatique.

Sans cesse, la taupe a creusé ses galeries dans ce siècle révolutionnaire…

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