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Sous les pavés la plage, sous la plage la justice !
Otis Tarda
Article mis en ligne le 19 juin 2016
dernière modification le 19 juin 2018

par Marcira
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Il y a un enjeu de pouvoir à la maîtrise du lexique. D’un côté, le sport moderne comme invention socio-historique accompagnant celle du capitalisme dans l’univers anglo-saxon du XIXe siècle, l’usage de termes anglais étant un vecteur de propagation. De l’autre côté, depuis les Serments de Strasbourg en 842 jusqu’à la loi Toubon en 1994, le français comme affirmation politique du pouvoir central, qui en France plus qu’ailleurs correspond à l’histoire de l’État. Les anarchistes, n’ayant pas à choisir un camp plutôt que l’autre, verront en revanche l’importance de définir leurs mots pour dire leurs réalités.

Dans les sports de plage initiaux ou l’ultime-passe, on note d’abord qu’en ne plaçant pas l’enjeu en premier (vaincre/éliminer, hiérarchiser...), on revient à une activité collective qui n’a d’autre objet que le plaisir du faire ensemble. L’absence d’enjeu est une garantie du jeu. Soulignons ensuite que le sport et le jeu nécessitent un adversaire (fût-il le hasard), dans lequel on se reconnaît soi-même par les droits identiques aux nôtres qu’on lui confère. Contrairement aux activités physiques de nature artistique (danse, cirque, etc.), qui visent l’harmonie (fût-elle dans un chaos apparent), le sport crée à partir d’un conflit initial, orchestré par la règle du jeu.
Extrapolée à la question des organisations sociales, cette fonction de la règle d’orchestrer des conflits, voire des antagonismes, pour procurer du plaisir peut se poser en décalant le plaisir d’une société dans l’idée de la justice, qui pour les anarchistes est une justice sociale. Or la justice ne peut être pensée et agie hors d’une véritable empathie avec celui qui, à un moment, est un adversaire : l’autre citoyen pour la prise d’une décision collective selon des orientations différentes, le cocontractant dans un contrat où l’obligation de l’un est la cause de celle de l’autre, la victime face à l’auteur de l’acte qui lui a créé un préjudice, etc.


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