Réflexions critiques sur la critique des sciences

Jean Bricmont
lundi 12 juin 2006
par  *
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Dans ce court texte, je vais énoncer, de façon un peu lapidaire, un certain nombre d’idées à propos
des sciences, en particulier à propos du mouvement de critique des sciences 1, tel qu’il s’est développé à partir des années 70 ; par manque de place, je ne pourrai évidemment pas justifier ce qui suit. Il s’agira au plus de suggestions pour un débat futur.

Du côté des acquis, le mouvement de critique des sciences a eu le mérite de souligner le caractère élitiste et
autoritaire de la communauté scientifique, de mettre en question son indifférence par rapport aux questions politiques et morales et de susciter dans le public un doute légitime face à la volonté de résoudre les problèmes sociaux principalement par des moyens technologiques. Mais, comme tous les mouvements qui expriment une révolte contre une orthodoxie dominante (celle du « scientisme » ou du « positivisme »), ce mouvement a eu tendance, là où il a eu du succès, en particulier dans la mouvance écologiste, à produire ses propres excès et à créer ses propres dogmes.

Tout d’abord, une méfiance exagérée par rapport à la technologie et, en particulier, à la médecine scientifique. Même si l’usage de la technologie a des effets mitigés - parfois franchement désastreux - et si elle apporte rarement les solutions miracles que ses avocats
les plus enthousiastes promettent régulièrement, les progrès qu’elle a apportés à l’humanité sont simplement extraordinaires. Pensons à ce que seraient
les famines et les épidémies, la population mondiale étant ce qu’elle est, sans les progrès réalisés en médecine et en agronomie.

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