"L’Anarchie et le problème du politique"

Actes du colloque de l’Université François-Rabelais de Tours
mardi 7 octobre 2014
par  Refractions
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L’Université François-Rabelais de Tours a organisé le jeudi 26 et le vendredi 27 septembre 2013 un colloque international sur le thème :

"Autorité et Liberté : l’anarchie et le problème du politique"

Les actes du colloque vont être publiés.


"L’Anarchie et le problème du politique"

sous la direction d’Alfredo Gómez-Muller

paraît aux Archives Karéline en octobre 2014

36 euros – 358 pages – Distribution L’Harmattan

Editions Archives Karéline

c/o Librairie du Sandre – 5 rue du Marché-Ordener – 75018 Paris


Expression particulière de l’idéal moderne d’émancipation, l’anarchisme s’est distingué dans l’histoire des idées politiques et sociales par sa critique radicale du politique en tant qu’organisation étatique du public : l’an-archie signifie d’abord la réappropriation sociale de la dimension publique, et, dans la tradition anarcho-syndicaliste, la résorption du politique dans l’économique et le social. Pourtant, l’histoire de l’anarchisme du XIXe et du XXe siècles est traversée par une tension permanente entre le projet d’une organisation non étatique du public et la nécessité d’utiliser la médiation politique-étatique comme forme d’action. La solution fédéraliste proposée par Pierre-Joseph Proudhon au XIXe siècle, la Commune de Paris en 1871, ou l’action des anarchistes de la CNT participant au gouvernement républicain durant la guerre civile espagnole en sont quelques exemples. Cette tension a traditionnellement été interprétée comme une forme d’incohérence : pour les critiques de l’anarchisme, elle révèle un « archaïsme » aveugle à la « modernité politique » ; pour des anarchistes, l’« incohérence » a pu être assimilée à une inconséquence avec l’idée anarchiste voire à une « trahison ». Malgré leurs différences, ces deux lectures ont en commun d’effacer la tension comme telle et donc les questions dont elle est porteuse.

À distance de ces deux lectures établies, les textes qui sont rassemblés dans ce volume chercheront à interroger cette tension non pas comme une incohérence, mais comme le symptôme d’un problème général qui touche au sens du politique comme tel, et dont on peut trouver une expression dans la crise contemporaine des formes établies de démocratie représentative et de la notion même de représentation politique, ainsi que dans l’émergence récente de nouvelles formes d’action publique – Indignados, Occupy, certaines formes de l’altermondialisme qui mettent en question la pratique politique en tant pratique spécialisée et professionnelle reproduisant les hiérarchies instituées et les systèmes verticaux de prise de décision ou engendrant de nouvelles hiérarchies qui échappent dans une large mesure au contrôle social.

En conjuguant des approches historiques réfléchies et des approches théoriques référées à des situations historiques concrètes, les différentes contributions sont orientées par deux objectifs principaux :

a) revisiter la notion du politique à partir de la critique anarchiste de l’État ainsi que des expériences anarchistes de construction de formes alternatives d’organisation du public, non étatiques et non « politiques » au sens de la modernité libérale et de sa conception spécifique de l’État-Nation, et basées sur horizontalité du pouvoir de décision ;

b) reprendre, à nouveaux frais, les deux questions centrales du rapport entre culture (mode de vie) et politique, d’une part, et entre « nature » et transformation sociale, d’une autre.


Présentation et table des matières :

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