Réfractions, pourquoi et comment

jeudi 13 juin 2013
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Au printemps 1996, un colloque réunissait à Grenoble universitaires et militant-e-s pour faire le point sur la Culture libertaire (voir le volume publié à l’ACL, Lyon, 1997). Cette rencontre a donné envie de continuer le débat, qui a pris la forme de la revue Réfractions, un an et demi plus tard.

La nouvelle visibilité des anarchistes, en ces années-là – c’était le début du mouvement zapatiste et de ses réunions internationales, l’apparition de l’internet, les premières manifestations anti-mondialisation, l’ouverture relative des universités à la pensée anarchiste – a sans doute favorisé la réalisation de ce projet.

Depuis longtemps en effet s’exprimait le désir de publier en français une revue de réflexion critique, une revue théorique largement ouverte aux questions politiques, sociales et culturelles. De chercher à savoir si nos instruments d’analyse, nos paradigmes, nos principes, nos objectifs correspondaient encore à ce que nous sommes, prétendons ou voulons être.
En 2013 la revue en est à ses numéros 30 et 31.

Le collectif de rédaction est composé d’une vingtaine de personnes, réunies par le projet de publier des textes qui actualisent les positions anarchistes en tenant compte du contexte présent et des apports de la vie intellectuelle récente, dans le mouvement libertaire et en-dehors. Ce qui implique aussi un retour critique sur les principes fondamentaux de l’anarchisme. La revue tient également à rendre compte des pratiques de résistance aux systèmes dominants ainsi que des alternatives envisagées ou essayées.

Nos engagements sont divers. Plusieurs d’entre nous ont été de l’aventure d’autres revues, en France ou ailleurs. Certain-e-s adhèrent à des organisations anarchistes, d’autres non ; les points de vue différents sur la question même de l’organisation spécifique ne posent pas de problème entre nous. Nous ne sommes pas un groupe fondé sur « l’unité théorique », ni l’expression théorique d’un courant anarchiste particulier. Il arrive que des membres du collectif expriment des points de vue différents et critiquent les positions les uns des autres.

Chaque numéro est pris en charge par une commission de rédaction, constituée selon les intérêts et les disponibilités. Elle sollicite aussi des articles de collaborateurs extérieurs en fonction du thème choisi. D’autres textes peuvent être proposés à la revue, qui en évalue l’intérêt même en dehors du thème central. Dans la mesure où nous n’avons pas de « ligne générale » – sinon celle de contribuer au renouvellement de la pensée libertaire – ces « transversales » peuvent refléter des opinions très diverses. La mise en page est faite par l’un-e d’entre nous, de même que l’administration. La diffusion se fait par abonnement ou vente directe, en librairie (diffusion Hobo ou dépôt), par internet.

Nous nous réunissons deux fois par an, pour parler de notre fonctionnement interne (financier, administratif, pratique) et préparer des numéros suivants. A cette occasion, nous invitons souvent des personnes extérieures pour stimuler notre intérêt et le leur, et ouvrir sur des matériaux pour les numéros de la revue (articles, notes de lecture, anarchives,…).

Notre site publie en ligne les numéros anciens, et nous nous y faisons volontiers l’écho de publications, de rencontres, de colloques, qu’ils concernent les membres de la revue ou bien des thèmes liés à nos engagements.

Avec ses quinze années de travail collectif, Réfractions est désormais bien installée dans le paysage libertaire. Pour un autre futur, cette belle aventure tant militante qu’intellectuelle ne peut que continuer.

juin 2013