Le sujet de l’action révolutionnaire

Eduardo Colombo
vendredi 29 avril 2011
par  *
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« Tutto ciò che sostengo è che l’esistenza di una volontà capace
di produire effeti nuovi [...] è un presupposto necessario
per chi sostiene la possibilità di trasformare la società. »
Errico Malatesta,
« 
Ancor
a
su scienza e anar
chia »,
P
ensiero e volontà,
1.2.1926

L’anarchie viendra
si les hommes, les femmes et les hommes, le
veulent. Au sein d’une révolution, « aussi bien pour la création
que pour la destruction,
l’intervention de la volonté humaine est
indispensable », pensait Malatesta.
Qui
peut être l’agent capable d’une
telle volonté ?
« 
C’est le peuple agissant pour lui-même et par lui-même
 »,
disait
Marx en se référant à la Commune de Paris.

Sous les cendres de
l’insurrection durement réprimée restaient, vivants, les germes de
révolutions futures.
Sûrement d’autres insurgés viendront à la tâche.
Friedrich Engels les désignait déjà
 :
« Accomplir cet acte libérateur du
monde,
voilà la mission historique du prolétariat moderne.
 »
Un attribut et deux modalités du « 
sujet révolutionnaire » se dégagent
des paragraphes cités : il doit être un sujet humain agent causal de
l’action,
mais il peut se présenter en acte, réel et agissant dans une
situation donnée, ou bien il peut être postulé comme une figure fictive qui
devra s’incarner et agir le moment venu.
Bakounine précisait que
« ... dans la Révolution sociale,
diamétralement opposée, dans ceci comme dans tout le reste, à la Révolution
politique, l’action des individus était presque nulle et l’action spontanée
des masses devait être tout. Tout ce que les individus peuvent faire, c’est
d’élaborer
, d’éclaircir et de propager les idées correspondant à l’instinct 40
populaire, et, de plus, c’est de contribuer
par leurs efforts incessants à l’organisation
révolutionnaire de la puissance naturelle
des masses, mais rien au-delà ; et tout le
reste ne doit et ne peut se faire que par le
peuple lui-même. »

Le sujet de l’action révolutionnaire est,
à
l’évidence, un sujet collectif. Cependant,
tout ce qui peut être nommé comme « le
peuple », « le prolétariat », « les masses »,
dans l’écoulement monotone des jours –
sous la chape de plomb du travail salarié
et du contrôle de l’État –, n’est qu’un
ensemble plutôt conformiste et apathique,
de gens soumis et résignés, traversé par
l’infinie multiplicité et diversité des
intérêts réels, d’aspirations et de volontés
en conflit.

Cela n’empêche que,
comme le
pensait Camillo Berneri,
s’il n’y a pas des
« masses révolutionnaires », il y a des
situations révolutionnair
es
dans lesquelles
les masses sont un énorme levier.
En dehors de ces moments privilégiés
de l’histoire
que sont les révolutions,
dans
toute société la majorité est, par définition,
conformiste ce qui n’exclut pas qu’une
minorité de révoltés,
plus au moins isolés,
plus au moins éparpillés, n’essaye de faire
bouger l’ensemble. Le problème se pose
alors de sa
voir quelle r
elation peut exister
entre la subjectivité de l’agent individuel
et l’action d’un sujet collectif L

e Sujet et la Révolution

La problématique philosophique du Sujet,
la critique moderne qui à partir de
Nietzsche et Freud vise le sujet conscient
et responsable de ses actes et l’idée
sociopolitique de Révolution, exige
réflexion et clarification pour essayer de
sortir de l’emprise du bloc néolibéral qui
s’appuie de plus en plus sur l’ancienne
épistémè de la sujétion.

Les insurrections qui ont frappé le
trône et l’autel sont aussi anciennes que le
pouvoir politique lui-même, mais l’idée
moderne de révolution est liée à la
construction de l’État dans le contexte
idéologique des
XVIIe
et
XVIIIe
siècles. Si la
légitimation du pouvoir politique ne se
tr
ouve ni en Dieu, ni dans une loi de la
Nature, si elle se trouve dans un pacte que
les hommes ont fait entre
eux,
c’est
logique de penser que les hommes
peuvent le défaire ou le changer. La poli-
tique de
vient une affaire
dépendant des
seules décisions humaines. Alors, un
changement révolutionnaire de la société
n’est pas uniquement un
événement
qui se
déploie dans l’histoire, il est aussi un
changement consciemment cherché,
voulu et orienté par une finalité.

C’est
dans la
structure de l’action intentionnelle
qu’il faut chercher le sujet des révolutions.

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