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Alain Thévenet
La place Bellecour n’est pas
(encore ?) la place Tahrir mais on ne sait jamais…
Article mis en ligne le 21 avril 2011
dernière modification le 21 avril 2013

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C’était une belle journée d’octobre, ensoleillée et chaude.Une
place, dont on m’avait appris lorsque j’étais enfant qu’elle était la
plus grande d’Europe. Le lieu central de Lyon et des environs.

Qui, déjà, au moment du CPE avait été le lieu de rassemblement de tous
les lycéens de l’agglomération, chaque soir, pendant quelques semaines.
Mais qui a perdu son aspect convivial, pour se transformer en lieu de
passage, une espèce de sas vers les commerces chics. Dans ce but, c’est
là que convergent les transports en commun venus des banlieues En son
centre,la statue équestrede Luis XIV. Mais, ce jour-là, c’est la République
qui était là, sous la forme de bataillons de Compagnies républicaines de
Sécurité. Casqués, déguisés, impossible de discerner leurs visages, à peine
si on pouvait parfois entrevoir un regard qui, vu comme ça, paraissait
plus apeuré que les nôtres. La plupart semblaient très jeunes, sans doute
à peine plus âgés que ceux dont ils nous séparaient. Bien différents
cependant,mus mécaniquement par des ordres, alors que de l’autre côté,
sans voir clairement ce qui se passait on percevait des cris, une agitation
d’abord plutôt bon enfant. Jusqu’à ce que soient lancés les lacrymos, et
quelques canettes en échange. Puis le bruit lancinant de l’hélicoptère,
les flash ball. La guerre…

Prologue

Reprenons.

Ça a commencé tranquille, comme toutes les manifs des mois
précédents. Un gros cortège CGT, bien ordonné (quoique… On y
reviendra). Un cortège FSU « normal ». Des CFDT carrément moins
nombreux. Des CFTC, UNSA en nombre insignifiant. Des SUD et des
CNT, d’abord peu nombreux mais dont les rangs s’augmentent au fil des
manifs, avec des slogans qui sont souvent repris ailleurs, notamment

Peu à peu, au fil des manifs répétées,
les slogans officiels toujours lancés par de
puissantes sonos, se font cependant
moins enthousiastes. Quelquefois, les
rangs se raréfient, sauf du côté de la CGT
qui mobilise les gros bataillons, mais au
sein de laquelle des voix discordantes se
font entendre qui reprennent parfois les
slogans de la CNT : « Tout est à nous… »
« Qui sème la misère récolte la colère »
« C’est pas les immigrés qu’il faut virer,
c’est les patrons et les banquiers ».Jemets
de côté l’appel à la grève générale,
commun à FO et à la CNT, mais qui ne
semble pas avoir eu la même signification
pour l’une et l’autre, FO ne soutenant que
parcimonieusement les mouvements
existants. Pour nous, c’est peut-être plus
une incantation magique, ce qui n’est pas
forcément inutile, qu’une attente réelle
d’une possibilité immédiate.
De manif en manif, on se reconnaît, on
discute un peu, les rangs et les limites se
font moins rigides. Par exemple, des
anciens copains anarchistes entrés à la
CFDT à l’époque où elle était autogestionnaire et qui y sont restés, sans
critique ouverte et se sont, de fait, éloignés
des anars, viennent discuter avec moi. Je
reste un peu lointain ; ils plaisantent sur
une photo de Chérèque dont ils se
moquent.Je vois aussi d’anciens collègues
qui disent « Heureusement que vous êtes
là ». Au fil des manifestations, le scepticisme se fait plus évident ; tout le monde
prend peu à peu conscience de ce que les
retraites, c’est foutu, et qu’il s’agit maintenant, de la part des grandes centrales,
de rodomontades, de luttes d’influence.
En même temps, curieusement, le ton
devient plus léger, plus amusé, ... Lire la suite




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