« La presse alternative, entre la culture d’émancipation et les chemins de l’utopie »

du jeudi 19 janvier au samedi 21 janvier 2012
jeudi 5 janvier 2012
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Du jeudi 19 janvier au samedi 21 janvier 2012 se tiendra à Lyon un
Colloque international sur « La presse alternative, entre la culture d’émancipation et les chemins de l’utopie »

en col­la­bo­ra­tion avec l’ENS (Laboratoire Communication Culture et Société ), et le Musée de l’Imprimerie

aux Archives municipales de Lyon et (à confirmer) à la Mairie du Premier Arrondissement.

Marianne Enckell et Pierre Sommermeyer, membres du collectif de Réfractions, interviendront dans ce colloque

Le programme :

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Principaux thèmes :
La conservation des fonds : entre pratiques alternatives et institutionnelles
Source historiques, modèles et frontières de la presse alternative
Pluralité des causes, singularité des engagements
Médias alternatifs dans le monde
Pratiques, espaces, objets


Depuis sa naissance la presse a joué un rôle fondamental dans la vie des sociétés. Elle est rattachée tout à la fois à un idéal de fonctionnement démocratique et aux pratiques de propagande et de gestion des opinions.

L’histoire de la presse papier, puis de la presse en ligne, est liée à ce qui a été décrit par Habermas comme le développement d’un espace public en Europe à partir de la fin du XVIIème siècle. Au sein de cet espace public médiatique, ont émergé des formes de contestation parfois radicales des ordres établis.

C’est une presse souvent qualifiée d’ « alternative », de « progressiste » ou d’ « utopiste » qui nous intéresse ici dans la mesure où elle porte des valeurs d’émancipation et s’oppose aux mouvements réactionnaires des XXe et XXIe siècles, même si ceux-ci ont également généré une presse s’opposant et/ou contestant l’ordre démocratique ou bien d’autres régimes politiques en place. Nous nous intéressons à la multitude des productions imprimées qui ont attaqué sans relâche la pensée dominante, dénoncé les autoritarismes, rendu compte des multiples expérimentations dans l’engagement quotidien : anti-militarisme, anti-autoritarisme, vie communautaire, féminisme, libération sexuelle, syndicalisme révolutionnaire, écologie, non-violence, solidarité internationale et « contre-culture ». Cette presse anti-autoritaire a contribué activement à la création et multiplication d’espaces critiques originaux.

À partir de ce constant nous pouvons néanmoins développer un questionnement critique et nous demander si elle ne contribue pas aussi au maintien des statu quo idéologiques, ou si elle ne risque pas dans ses modes d’organisation de reproduire des effets de fermeture et des rapports de domination contre lesquels elle lutte.

Ces publications, tantôt restées confidentielles, tantôt devenues des revues ayant pignon sur rue, ont généré des formes d’organisation, des rapports à l’écriture, des esthétiques, qui ont pu incarner des visions du monde. Les recherches graphiques associées ont bouleversé les formes mais aussi les contenus. En outre, les technologies domestiques ont permis de développer des productions non industrielles avec une efficacité remarquable : ronéo, photocopieuse puis imprimantes.

Chercheur-e-s académiques et militant-e-s étudient ces phénomènes, mais exploitent également les fonds patrimonialisés dans des musées, centres d’archives, centres associatifs. C’est cette histoire et ces pratiques associatives et institutionnelles de recherche, de collecte, d’exploitation, et de réinvention que nous cherchons à questionner dans le colloque. Nous voudrions comprendre également en quoi cette presse a contribué à la mise en circulation d’une culture émancipatrice et d’un imaginaire utopique, à son éventuelle reprise plus large dans la société. Nous nous intéressons au caractère non exclusivement marginal de ces pratiques d’expression qui sont également développées au sein des institutions, et dont la description historique dépend aujourd’hui d’institutions patrimoniales et culturelles.

L’enjeu est également pratique : comment faire en sorte que les centres de documentation alternatifs et les institutions publiques (et/ou privées), dédiées à maintenir vivante cette production et les savoirs qu’elle implique, puissent chacun avec leur propres moyens, selon leur sensibilité, et en toute autonomie enrichir la documentation concernant cet important volet de la création culturelle et politique ?


En parallèle se poursuivra une exposition sur

50 ans de presse alternative à Lyon et dans sa région

Du 15 novembre 2011 au 25 février 2012, le CEDRATS (Centre de documentation et de recherche sur les alternatives sociales) présente l’exposition « 50 ans de presse alternative à Lyon et sa région » aux Archives municipales de Lyon. En partenariat avec le festival « Label soie, des canuts à la création contemporaine ».

Elle retrace l’histoire d’une presse alternative plurielle et foisonnante lyonnaise, allant des petits bulletins tirés à la ronéo à quelques dizaines d’exemplaires dans les années 1960, à l’information qui circule aujourd’hui sur inter­net. Elle a joué —et joue encore— un rôle important pour l’émancipation sociale et continue à semer des germes d’utopie.

Particulièrement développée à la Croix Rousse, elle « revendique » une filiation avec la première presse ouvrière des canuts, l’esprit
coopératif et mutualiste.

L’exposition invite à parcourir quelques grands thèmes allant de l’écologie à l’anarchisme, en passant par la solidarité inter­nationale,
la contre-culture dans toutes ses formes, le féminisme et la libéra­tion sexuelle, l’antimilitarisme, la non-violence, la citoyenneté, etc. Elle
a pour but de faire connaître la richesse et la diversité de la presse alternative, en espérant développer en tout un chacun aussi bien de
la curiosité que de l’intérêt pour une telle œuvre, toujours nécessaire.


Archives municipales de Lyon

1 place des Archives, 69002 Lyon (Perrache, Cours Charlemagne)

lundi : 11h-17h – du mardi au vendredi : 8h30-18h


Plus d’information :

http://rebellyon.info/50-ans-de-presse-alternative-a.html#Presentation