Lou Marin explore la facette libertaire d’Albert Camus

jeudi 6 mai 2010
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A l’Université de Pau (UPPA), Lou Marin dévoilera jeudi un Camus anarchisant méconnu du plus grand nombre.

Invité jeudi sur le campus par la Coordination libertaire étudiante de Pau à l’occasion du 50e anniversaire de la mort d’Albert Camus, Lou Marin, journaliste, traducteur et essayiste francophone d’origine allemande, installé à Marseille depuis 2001, se revendique d’un anarchisme non violent et d’une communauté d’idées avec l’auteur de « L’homme révolté », figure aujourd’hui récupérée par les ténors du politiquement correct.

Dans un ouvrage paru en 2008 aux éditions Egrégores, Lou Marin (un pseudonyme inspiré du village de Lourmarin où Camus s’était offert une ferme) rassemble tous les écrits et engagements du penseur témoignant de ses liens avec les mouvances libertaires de France, d’Espagne et d’ailleurs.

En perpétuelle résistance

Excepté l’iconoclaste Michel Onfray, très rares sont les intellectuels qui évoquent cette facette dérangeante de Camus dont l’intelligentsia occidentale préfère retenir l’anticommunisme et l’antifascisme invétérés plutôt que ses sympathies anarchistes et une réelle aversion pour la politique des partis et la pesanteur des dogmes.

Pour autant, Camus n’était pas un inconditionnel de la cause. « Il était trop indépendant pour se ranger complètement à une idéologie mais il ressort de ses débats avec Sartre et des nombreuses prises de position qu’il s’appuyait très clairement sur le courant anarchiste. Toute sa vie, il a cultivé des relations et des amitiés dans ces milieux » raconte Lou Marin.

En perpétuelle résistance à toutes formes d’autorité, Albert Camus fréquenta déserteurs, objecteurs de conscience et anarcho-syndicalistes. Il a souvent collaboré à des journaux libertaires et rêvé à un changement radical sinon révolutionnaire.

Révolté par « le tort fait à Camus »

Lou Marin étudia d’abord la conception de la révolte camusienne pour se forger sa propre théorie du combat et la trouva « intéressante parce que moderne ». Au bout de quinze ans de militantisme, il décide d’écrire un livre comme on lance un défi, « révolté par l’ignorance ambiante et le tort fait à Camus ».

(horaire non communiqué)

Source : La république des pyrénées.fr

http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2010/05/05/lou-marin-explore-la-facette-libertaire-d-albert-camus,134907.php


MARIN, Lou (écrits rassemblés par). Albert Camus et les libertaires (1948-1960)

Marseille, Egrégores éditions, 2008, 361 pages.

http://raforum.info/spip.php?article4504