Faut qu’ça flambe !

Nelly Trumel
vendredi 10 juin 2005
par  *
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Un anar de mes amis me lança un défi : peindre une bougie allumée dans un flacon bouché, sans me dire comment cette idée lui était venue ; l’air du temps sans doute.
Interloquée, je regagnai mon athanor, mes pinceaux, mes patates. C’est important les patates, parce que ça germe. J’ai donc laissé germer... et j’ai compris que cette petite flamme était très importante, surtout quand tout semble bouché.

Alors j’ai cherché le flacon : pas trop fin, pas trop étroit, pas trop haut ni trop court, juste comme il faut pour introduire la main qui déposera la bougie.
J’ai cherché la bougie : pas trop blanche, pas trop fine, pas trop haute, une bougie bien stable que j’ai posée au fond du flacon. Je l’ai allumée, j’ai regardé et photographié. C’était en plein jour, sa lumière trop crue ternissait celle de la flamme : dommage !

Pour le bouchon, je verrai plus tard...
J’ai repris le flacon, la bougie et sa flamme, je l’ai éloigné de la source lumineuse (ma fenêtre), et l’ai posé devant un fond très sombre. J’ai regardé et photographié.

Encore trop de jour, décevant !

Pour le bouchon, je verrai plus tard...
J’ai enfermé le flacon dans du sombre sur trois côtés : j’ai regardé, photographié.

Encore trop de jour, décourageant !
Je m’entêtais à faire mes installations de jour, mais elles étaient toutes plus décevantes les unes que les autres.

Quant au bouchon, il faudrait attendre encore...
C’est alors que j’ai eu l’idée de tout reprendre à la nuit tombée, une nuit bien noire.

J’ai posé le flacon sur une étagère, j’ai allumé la bougie, j’ai regardé et j’ai vu la petite flamme fine et élancée, vibrante et chaude avec son halo rougeoyant emplissant l’espace du flacon, déposant dessus quelques taches de lumière. J’ai photographié.
J’ai enfin fermé le flacon avec le bouchon de liège et, très très vite, pendant que la bougie brûlait encore, j’ai pris mon dernier cliché.

J’avais ma bougie allumée dans le flacon fermé et, munie de tous mes clichés, il ne me restait plus qu’à...
Prendre du contreplaqué, le poncer, l’enduire soigneusement, le reponcer
et, avec mes pinceaux et mes couleurs, prendre la liberté de peindre un fond de nuit, un socle nimbé de lumière, poser le flacon et y enfermer la bougie allumée.

Tout ça, parce que faut qu’ça flambe !

Nelly Trumel