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André Rosselet
Ni pompe à essence, ni EDF : enfin libres pour réfléchir ?
Article mis en ligne le 14 juillet 2008

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Après plus de vingt ans d’incrédulité, les pouvoirs économiques
et politiques en prennent brutalement conscience,
comme tout le monde : notre civilisation technique devra
changer profondément ou disparaître. Annoncés en 1992 déjà
largement au Sommet de la Terre à Rio, certains faits se confirment de
manière têtue :

Les prévisions concernant le réchauffement de la planète sont
confirmées1. De plus, cette élévation des températures est plus forte en
zones continentales qu’en moyenne, les océans jouant un rôle de
masse d’inertie. L’origine de ces changements est due en grande partie
aux activités humaines, en particulier à l’utilisation boulimique des
combustibles fossiles, charbon, pétrole et gaz2.

Les cycles annuels de la biomasse ne peuvent absorber qu’un petit
quart des émissions de gaz carbonique (CO2) actuelles. Ce déséquilibre
entraîne une accélération des phénomènes observés3. Le régime des
précipitations sera lui aussi fortement modifié : en particulier, on craint
de forts déficits en eau dans le bassin méditerranéen. De nombreuses espèces vivantes, animales ou végétales
ne vont pas pouvoir s’adapter à ces
changements3.

Les réserves de pétrole et de gaz sont
limitées et diminuent fortement. On
prévoit qu’il faudra s’en passer dans 40 à
50 ans, et même moins si leur
consommation continue d’augmenter
comme aujourd’hui.

Si les réserves s’épuisent, on pourrait
se dire qu’il suffit d’attendre, et qu’une
fois le pétrole et le gaz épuisés, un nouvel
équilibre va s’établir ; le système
s’arrêtera de lui-même, l’épisode des
combustibles fossiles n’étant plus qu’un
(mauvais) souvenir. C’est oublier que les
réserves mondiales de charbon restent
considérables et peuvent suffire, avec les
schistes bitumineux, à la couverture des
besoins pour plusieurs centaines
d’années. L’utilisation du charbon ne
cesse de croître dans le monde pour la
production d’électricité, surtout en Chine
et en Inde, mais également aux États-
Unis. La production mondiale de houille
a plus que doublé en 30 ans. Or, par unité
de chaleur produite, le charbon, outre les
polluants chimiques contenus dans les
minerais, génère un tiers de CO2 de plus
que le pétrole, qui lui-même en dégage
un tiers de plus que le gaz. C’est donc le
pire des combustibles fossiles4.


Les illusions politiques

C’est la première fois que l’humanité est
confrontée à des conséquences aussi
graves de ses propres activités. En effet,
pour limiter les dégagements de gaz à
effet de serre, c’est à l’échelle planétaire
qu’il faut agir. Si les délocalisations des
industries lourdes dans les pays
émergents ont permis de diminuer
certaines pollutions locales, elles ont
surtout augmenté la pollution globale et
les émissions de gaz à effet de serre. On
pourra mentionner aussi le facteur
démographique, qui ne va rien arranger.
Selon une hypothèse moyenne qui table
sur 9,1 milliards d’habitants, en
cinquante ans, c’est l’équivalent de la
population de la Chine, de l’Inde et du
Brésil réunis qui viendra s’ajouter à la
population actuelle.

Les décisions seront très difficiles à
prendre car, à juste titre, c’est dans les
pays dits développés, dont les émissions
sont extrêmement élevées, que les efforts
principaux devront être faits. Simul65

Enfin libres pour réfléchir ?
tanément, les pays émergents s’équipent
à grande vitesse de centrales au charbon
pour la production d’électricité, et de
véhicules dont le parc croît de manière
vertigineuse.

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