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Martial Lepic
Services publics et gratuité.
D’une évidence mal partagée à une revendication de rupture : l’exemple des transports
Article mis en ligne le 15 novembre 2007

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Sur son front était marqué « AGCS » !

Face à la Bête capitaliste, les ex-hérauts du deuxième monde
effondré brandissent volontiers certains services publics pour leur
solidarité fondée sur une relative gratuité. Et nos chevaliers rouges –
du sang des autres ! – de citer l’Éducation Nationale ou la Sécurité Sociale.
Mais évoquez la gratuité des transports et ils crieront à la fausse bonne
idée, acceptant à la rigueur une gratuité pour les chômeurs nécessiteux,
mais revendiquant surtout un travail pour chacun, qui le mette en mesure
de payer. Les plus verts d’entre les rouges s’interrogeront sur la gratuité
pour favoriser certains transports et taxer les autres, conduisant à dissuader
le populo et réserver le luxe de l’opprobre sociale aux riches zélateurs du
tyran. Incorrigibles autoritaires qui craignent confusément que la gratuité
n’égratigne leur cher État, leur doux travail et leur brillant argent !

A côté, mais épars, de noirs Don Quichotte justement révoltés chantent
la prémisse du Grand Soir : « Tu veux bâtir des cités idéales, détruis d’abord
ces monstruosités… ». Mais la Bête a la peau dure et un autre chant rappelle
que « nous ne trouvons que des pelles et couteaux pour nous armer ».
Entre soutien inconscient et destruction illusoire, reste la voie de la
déconstruction qui mettra à jour les parties faibles de l’édifice, et ouvrira des
perspectives de reconstruction nouvelle selon le principe de l’utilité sociale.

Or, en matière de services publics et de gratuité, les transports offrent un
champ fécond, dans lequel les réflexions anarchistes ont été renouvelées et
enrichies ces dernières années, pour développer de vraies revendications de
rupture, qui, pour peu qu’on s’y implique, peuvent trouver leur place dans
les interstices de la carapace du monstre et y déposer un poil à gratter
émancipateur.

Face à une notion aujourd’hui pervertie,

il nous faut affirmer une définition claire
des services publics : leur fondement est
de garantir l’accès égalitaire des membres
d’une société aux biens et services qu’ils
jugent essentiels ou utiles (selon le degré
de socialisation).

Incidemment, une société humaine
digne devrait d’abord garantir un service
public de la nourriture et du logement.
La particularité des transports, dans cette
logique, est qu’ils sont à la fois un service
et un moyen d’accéder aux autres
services (publics comme privés), à
l’intérieur d’espaces urbains qui s’étalent
et ruraux qui se désertifient.

Au-delà du débat sur le champ des
services publics, cette définition a
également le mérite de faire s’interroger
sur la gratuité – pour l’usager – comme
moyen d’assurer l’égalité d’accès.
Les transports gratuits
économiquement possibles,
et moins coûteux
Pour les transports urbains, périurbains
et régionaux, les recettes de la billetterie
ne représentent qu’entre 15% et 25% des
ressources, qu’il faut mettre en regard de
tous les coûts du système.

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