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Bernard Taponot
Transports, par fer ou « pas faire »
Les seuls transports dignes du service public sont sans conteste les transports amoureux.
Article mis en ligne le 15 novembre 2007

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Il s’agit de transport, pas de voyage : Aborder le problème
des services publics conduit immanquablement à parler des
transports.Transports des personnes, quotidiens et proches
ou longue distance et occasionnels, transports des marchandises,
produits manufacturés, denrées alimentaires, matières premières
pour l’industrie, produits servant à faire fonctionner les autres
modes de transports, tous ces déplacements doivent-ils être pris en
charge par la communauté ? Bien entendu, la réponse est non.
Pourquoi prendrait-on en charge les déplacements d’un homme
d’affaire ou le transport à « flux tendu » de Peugeot ou Toyota ? Non,
sauf… et suit ce qui gêne chacun, les déplacements pour aller
travailler de sa banlieue au centre ville pour le péri-urbain,
l’acheminement des produits de première nécessité pour le
préoccupé-social, les produits industriels nécessaires à l’emploi
local, chacun peut compléter à sa guise mais en conclura que son
problème spécifique doit trouver une solution, au besoin en mettant
à contribution la collectivité.

Les sociétés modernes considèrent le transport, la mobilité comme
une nécessité, comme un préalable définitivement solutionné ne
devant pas constituer un obstacle à l’organisation capitaliste. On a
donc pris l’habitude de les occulter, d’ignorer les coûts et les
nuisances, de considérer que la mobilité ne souffrait aucune entrave.
La circulation des biens et des personnes solvables est sans limites,
pour les purotins c’est un peu différent, c’est l’immobilité qui est sans
limite. Chaque difficulté doit trouver une réponse technique, (un
A380, un viaduc de Millau, une voiture électrique…). Cette manière
de faire permit une croissance continue depuis deux siècles de la
production des transports et des besoins, et l’accélération folle des
trente dernières années.

Accélération, échelle une demi-vie

À l’âge de 10 ans, je n’étais sorti de mon
village que pour me rendre chez ma
grand-mère dans le village d’à côté,
distant de 20 km, ou pour me rendre
chez le dentiste dans le bourg le plus
proche, bourg qui m’accueillit comme
lycéen à l’adolescence. À 18 ans, ayant
remarquablement échoué dans mes
études, je pouvais partir conquérir le
monde et sortir, enfin, de mon
département. Jusque-là je n’avais
consommé pratiquement que des
produits locaux, de la ferme et mon
principal moyen de locomotion était la
traction humaine, enfin la bicyclette. Ce
n’est en rien original, des milliards
d’humains ont vécu et vivent toujours de
cette manière, la bicyclette et la route
asphaltée en moins. Pendant mon
enfance, dans les années 60, mon père
effectuait 5000 km par an en 2 CV,
maintenant il en ferait 50 000 dans une
voiture trois fois plus chère.

Parmi d’autres, un élément important
de notre mode de vie a changé : notre
« besoin » de nous déplacer sans cesse
et de transporter toujours de plus en
plus de choses de plus en plus loin.
Nous en sommes même arrivés à
trouver normal d’effectuer l’équivalent
du tour de la terre chaque année dans
une automobile ou de consommer à
satiété des fruits poussés aux antipodes.
Alors quand la mobilité, organisée en
fonction de besoins créés, devient un
problème, unanimement tous se
tournent vers la collectivité pour le
régler et prendre en charge son
organisation.

Les solutions miracles fleurissent, de
la suppression du droit de grève à la
SNCF (ces nantis toujours prêts à
saboter la production) au ferroutage
(transport des camions sur les trains)
pour désembouteiller les vallées alpines,
du retour au transport par fer dans des
zones isolées aux routes trop
encombrées.

Il est à noter que pour chaque impasse
dans laquelle foncent les transports
routiers, la solution préconisée est
ferroviaire, donc, dans les esprits :
collective. Le ferroutage comme
absurdité, difficile de faire mieux : pour
concilier lobby routiers, pétroliers,
travaux publics, écologistes, et bien sûr
riverains, on propose de construire une
nouvelle voie pour faire rouler des trains
sur lesquels on placera des semiremorques
dans lesquels il y aura…

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