La novlangue néolibérale

vient de paraître
vendredi 5 mai 2017
par  Refractions
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Alain Bihr, "La novlangue néolibérale,
la rhétorique du fétichisme capitaliste"

Une coédition Page 2 (Lausanne) et Syllepse (Paris),
collection Avant-première , mai 2017, 280 p., 18,00 €

Cette nouvelle édition a été mise à jour et singulièrement augmentée, notamment pour tenir compte des glissements opérés par cette novlangue au cours de la dernière décennie, sous l’effet de la crise financière de 2007-2009 dont nous ne cessons de subir les séquelles.

Comme la précédente, elle scrute cette pathologie grave qui affecte des pans entiers du discours politique et médiatique contemporain qui qualifie, entre autres, de "plans sociaux" des licenciements collectifs générateurs de misère et de désespoir, d’"égalité des chances" la lutte des places qui permet la reproduction des inégalités structurelles et de "réformes" la casse systématique des acquis sociaux fruits de décennie de luttes syndicales et politiques. Je me suis tout particulièrement attaché à mettre en évidence la dimension religieuse de ce discours, dont le dieu caché n’est autre que le capital, ce vampire assoiffé de travail vivant, et dont les avatars visibles sont la marchandise, l’argent, la propriété privée lucrative, etc.

La dimension grotesque de ce discours n’est pas méconnue pour autant et se trouve fustigée dans un dictionnaire des idées reçues du néolibéralisme annexé à l’ouvrage, dans lequel nos Bouvard et Pécuchet contemporains en prennent pour leur grade de cuistres. Alain Bihr

Alain Bihr a participé à plusieurs numéros de Réfractions.

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"Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que du vent. " La lucidité critique dont Eric Arthur Blair, alias George Orwell, a fait preuve dans cette sentence n’est pas surprenante de la part de l’auteur d’Hommage à la Catalogne, de La ferme des animaux et de 1984.

Visant en général tous ceux et celles qui gouvernent ou aspirent à gouverner les hommes, elle s’applique tout particulièrement, mot à mot, au discours néolibéral que pratiquent, depuis plusieurs décennies, l’immense majorité des chefs d’État et de gouvernement mais aussi le commun des chefs d’entreprise, sans oublier les journalistes qui leur servent de faire-valoir et de courtisans ou les universitaires qui leur apportent leur caution académique.

Opérant comme une idéologie justifiant les politiques néolibérales qui, à coups de déréglementation des marchés et de libéralisation des échanges, cherchent à asseoir la domination universelle du capital, synonyme d’exploitation aggravée du travail et de dégradation continue de la nature, ce discours constitue un nouvel avatar de cette perversion discursive pour laquelle Orwell a créé dans 1984 le néologisme de novlangue
.
En renouant avec la critique marxienne du fétichisme économique, dont la fécondité théorique est ici une nouvelle fois illustrée, il est possible de mettre en évidence l’essence religieuse de ce discours qui n’hésite pas à proposer d’immenses sacrifices humains pour assurer la survie de la marchandise, de l’argent, du capital, du marché, de l’État, de la propriété privée, etc.

(présentation de l’éditeur)

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